Overblog
Suivre ce blog

L'aveugle-né de Siloé : texte et méditation

L'aveugle-né de Siloé : texte et méditation

a

Vous avez peut-être remarqué le caractère très singulier de cette guérison d'un aveugle de naissance. Dans les autres récits des évangi­les où l'on parle de guérison d'aveugles, ce sont les aveugles eux-mêmes qui, du fond de leur ténèbre, apprenant que Jésus est de passage, crient ver Lui et dans un geste de confession de foi, appellent, inter­pellent Jésus qui alors leur demande : "Que voulez-vous que Je fasse pour vous ?" et c'est eux-mêmes qui crient : "Seigneur, que je voie !" Dans ce cas, la guéri­son commence par la foi, comme si l'aveugle, privé de la vue, voyait mieux que l'entourage qui ne fait que du brouhaha autour de la personne de Jésus, comme si les aveugles, par exemple les deux aveugles de Jéricho ou Bartimée dans le récit de Luc, avaient pressenti le mystère de Jésus au cœur même de leur cécité, dans leur détresse, dans leurs ténèbres. Alors qu'ici nous avons exactement la démarche inverse.

L'aveugle-né demande rien. Il est au Temple, il mendie, et c'est Jésus avec ses disciples qui, passant prés de lui, le voient. Et les disciples posent à Jésus la questions : "Qui a péché ? Lui ou ses parents ?" Lui, l'aveugle-né demande toujours rien. Et parce que les disciples font des réflexions sur l'aveugle, c'est Jésus lui-même qui prend l'initiative de mettre de la salive et de la boue sur les yeux de l'aveugle puis de l'en­voyer à la piscine de Siloë. Alors commence non seulement la guérison, mais un long processus par lequel l'aveugle parviendra à la confession de la foi. Autrement dit, à propos d'épisodes comparables, gué­risons d'aveugles, les récits de ces guérisons sont pour ainsi dire inversés. Dans les synoptiques c'est la re­connaissance de Jésus dans la foi qui permet aux aveugles de voir. Tandis qu'ici en saint Jean, l'évan­gile que pourtant on considère comme le plus mysti­que, comme celui qui plane au-dessus des conditions de la vie terrestre, au-dessus du sensible, c'est préci­sément dans le moment où l'aveugle a les yeux ou­verts par le Christ, sur l'initiative du Christ, qu'il pourra parvenir à la confession de foi, lorsque Jésus lui demandera : "Crois-tu au Fils de l'Homme?" et que l'aveugle, encore dans l'hésitation dira : "Mais qui est-il ?" et que Jésus lui dira : "Tu le vois, c'est Moi qui te parle que se prosternant il l'adora. C'est à pro­prement parler le premier acte de foi de l'aveugle-né dans l'évangile de saint Jean.

La suite sur http://www.moinesdiocesains-aix.cef.fr/homelies/careme/quatrieme-semaine/dimanche-vigiles/5916-laveugle-ne.html

www.kt42.fr -  Hébergé par Overblog