Une fiche aves des clés de lecture sur la multiplication des pains selon Matthieu (14:12‑21), Marc (6:30‑44), Luc (9:15‑17) et Jean (6:1‑14).
Une proposition de KT42

Situer le récit
C’est la première multiplication des pains (Matthieu 14:13‑21). Il existe en effet deux récits de multiplication des pains dans l’Évangile. Ce premier récit est raconté par tous les évangélistes : Matthieu (14:12‑21), Marc (6:30‑44), Luc (9:15‑17) et Jean (6:1‑14).
Les disciples viennent de revenir de leur mission en Galilée. Entre-temps, Jean-Baptiste est mort. Jésus apprend la nouvelle et décide de quitter Capharnaüm (Matthieu 14:13) pour être seul avec ses disciples. Il quitte un endroit très peuplé pour se rendre dans un lieu "désert" afin de se reposer et de vivre un moment de solitude. Mais à mesure qu’ils traversent les villages au bord du lac, la foule les suit et grossit.
NOTA : A la mort de Jean Baptiste, Jésus se réfugie dans le désert. Dans la Bible le désert est souvent présenté comme un lieu où l’on peut rencontrer Dieu dans la solitude. Dans ce récit, Jésus ne se rend pas dans le désert, mais dans un lieu moins peuplé.
La foule
- « Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait en guérissant les malades. »
La foule vient parfois de très loin pour écouter et voir Jésus. On dit que cet homme n'est pas tout à fait comme les autres ! Ses paroles apportent réconfort, espoir et courage aux exclus, aux affamés, aux malades et à tous ceux qui sont rejetés par la société. La foule a faim d’autre chose : un regard, une écoute, un soutien… Elle attend un berger pour les guider.
La fatigue et la préoccupation des disciples
« Il se fait tard, renvoie ces gens »
La fatigue de la journée se fait sentir et les disciples ont faim, s’ils tardent trop, ils ne pourront plus repartir dans un village pour trouver de quoi manger. Il faut donc renvoyer ces gens, quitter ce lieu désert où il n'y a rien ici pour subvenir aux besoins des hommes. Les disciples n'ont pas un regard dirigé vers la foule, vers les autres. Mais Jésus se préoccupe d'elle.
L’appel à partager
- « Donnez-leur vous-mêmes à manger »
Cette réponse surprend les disciples : ils savent qu’ils n’ont pas assez de provisions, ni d’argent, et qu’il est presque impossible de nourrir une telle foule dans le désert. Autant d'obstacles que Jésus veut leur faire découvrir, pour les préparer intérieurement au miracle et les inviter à se mettre au service des autres.
Jésus est le contraire des disciples, il AIME et veut rejoindre la foule et partager. C'est maintenant que les gens attendent, c'est maintenant qu'ils espèrent ; c'est donc maintenant qu'il faut agir, se dépasser, se mettre au service, ne faire qu’UN avec la foule.
- « Nous n’avons que cinq pains et deux poissons »
Pain et poissons étaient la nourriture quotidienne des habitants de la Galilée. Étonnement des disciples, comment nourrir une telle foule avec si peu ? Il leur est impossible de réaliser le souhait, de Jésus. Comment trouver de la nourriture dans un désert, synonyme d’aridité, de stérilité et de mort ?
Dans l’évangile de Jean, c’est un petit garçon qui donne 5 pains et 2 poissons, au risque de ne rien garder pour lui. Nous faisons le même don en apportant les offrandes à la messe. Si nous apportons les hosties (pain sans levain) c’est que des hommes ont cultivé du blé pour avoir du pain : si on apporte le vin, c’est que des hommes ont cultivé la vigne pour avoir des raisins et du vin.
Préparation et partage
- « Jésus ordonne à la foule de s’asseoir »
On ne partage pas un repas sans se préparer. S’asseoir permet d’écouter et d’échanger. Toute la foule devient alors le Peuple de Dieu.
L’herbe verte : Insolite dans un lieu désertique mais cette expression à une résonance biblique qui fait allusion au berger des psaumes qui conduit son peuple au repos. Dans le récit de Marc il est dit : « En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement. » Marc veut montrer que Jésus est ce berger annoncé par Ézéchiel, qui a pitié de ses brebis, qui les conduit sur de verts pâturages et qui les rassasie. Il est le berger qui va chercher celle qui est perdue. Il est le nouveau Moïse qui conduit son peuple.
Le geste de Jésus et l’Eucharistie
- « Il prononça la bénédiction, il rompit le pain, puis le donna aux disciples, et les disciples le donnèrent à la foule. »
Ce geste rappelle l’Eucharistie : Jésus prend le pain, prononce la bénédiction, le rompt et le donne. L’Eucharistie signifie “action de grâce”. Jésus initie progressivement ses disciples à ce l'Eucharistie, qui sera prolongé dans le Discours sur le Pain de Vie (Jean 6).
Transformation et sens
Dans la multiplication des pains, il y la transformation de 5 pains et 5 poissons en beaucoup de nourriture
Dans l’Eucharistie, il y a transformation dans le pain et le vin qui deviennent le Corps et le Sang du Christ.
Jésus accomplit les mêmes gestes : bénir, rompre, donner.
Jésus nourrit la foule comme il nourrit son peuple aujourd’hui encore par l’Eucharistie.
Communier, c’est se nourrir de Jésus-Christ et vivre de sa Parole,.
« Tous mangèrent à leur faim »
C’est extraordinaire, Jésus a donné de la nourriture à tout le monde. C’est un cadeau qu’il a fait aux hommes et femmes présents. Un don gratuit, car ils n’avaient rien demandé.
Aujourd’hui encore, Jésus nous nourrit par l’Eucharistie. Il ne donne plus du pain à la foule, mais le pain et le vin (qui rappelle le sang qu’il a versé sur la croix) deviennent deviennent son Corps et son Sang. Chaque fois que nous allons communier, Jésus nous invite à le recevoir. Chaque communion nous nourrit non seulement physiquement, mais surtout spirituellement, et nous invite à aimer et partager.«
On ramasse douze paniers »
Comme les douze apôtres ou les douze tribus d’Israël, rien ne se perd. Les dons de Dieu ne se gaspillent pas, surtout si d'autres ne mangent pas à leur faim.